Trésorerie

Délais de paiement BTP : la loi LME et comment se faire payer plus vite

22 mai 2026 8 min de lecture Par l'équipe Ouvria

Le délai moyen de paiement dans le BTP en France tourne autour de 70 jours selon le rapport annuel de l'Observatoire des délais de paiement. Pour un artisan, c'est la première cause de défaillance. Pourtant la loi LME (2008) te donne des armes très concrètes, encore faut-il les utiliser.

Ce que dit la loi LME, exactement

La loi de modernisation de l'économie (loi n°2008-776 du 4 août 2008), codifiée à l'article L441-10 du Code de commerce, plafonne les délais de paiement entre professionnels :

Pour les marchés publics, c'est 30 jours pour l'État, les collectivités et la plupart des établissements publics (décret 2013-269). Pour les établissements publics de santé, 50 jours.

Ce que tu DOIS écrire sur ta facture (et qui est trop souvent oublié)

L'article L441-9 du Code de commerce impose deux mentions obligatoires sur chaque facture :

  1. Le taux des pénalités de retard. À défaut de mention, il est égal au taux d'intérêt légal × 3. Tu peux fixer plus si tu veux, le plancher légal est le taux directeur BCE + 10 points.
  2. L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement : 40 € (article D441-5 du Code de commerce). Cette somme est due de plein droit dès le premier jour de retard, en plus des pénalités.
Important : ces deux mentions doivent figurer sur la facture et dans tes CGV. Si elles ne sont pas dans tes CGV signées, tu pourras toujours réclamer le forfait 40 €, mais ton client peut contester le taux que tu as fixé.

Que faire dès le premier jour de retard

Pas besoin d'attendre 30 jours, ni d'envoyer une mise en demeure pour faire courir les pénalités. Elles sont dues de plein droit dès le lendemain de l'échéance. Voici la chronologie efficace :

  1. J+1 : email automatique de rappel, court et factuel. Pas d'agressivité.
  2. J+7 : appel téléphonique. Tu écoutes la raison (perdue, en attente de validation, contestation) et tu notes.
  3. J+15 : relance écrite avec mention explicite des pénalités qui courent et du forfait 40 €.
  4. J+30 : mise en demeure par LRAR, avec un délai de 8 jours pour régulariser.
  5. J+45 à J+60 : injonction de payer auprès du tribunal de commerce (formulaire CERFA 12946), ou recouvrement amiable via huissier.

L'injonction de payer : la procédure méconnue qui marche

Quand ta facture n'est pas contestée sur le fond (qualité des travaux, retards), l'injonction de payer est l'arme la plus efficace. C'est une procédure non contradictoire : tu déposes ta requête au greffe du tribunal de commerce (entre pros) ou du tribunal judiciaire (contre un particulier), avec ta facture, ton devis signé et la preuve d'envoi.

Dans 80% des dossiers BTP non contestés sur le fond, l'injonction de payer aboutit à un règlement avant l'audience.

Les acomptes : ton meilleur garde-fou

La loi n'impose pas d'acompte (sauf pour les contrats de construction de maison individuelle), mais rien ne t'interdit d'en demander. La norme du marché dans le BTP :

Pour un client particulier qui refuse l'acompte, c'est rouge clignotant. Un client sérieux comprend qu'un artisan ne peut pas avancer 15 000 € de matériaux sur ses fonds propres.

L'affacturage et l'escompte : sortir de la galère de tréso

Si tes clients sont des entreprises solides (BTP B2B, marchés publics), tu peux céder tes factures à un factor (BNP, Crédit Mutuel, BPI, fintechs comme Defacto ou Karmen). Le factor te paye 80 à 95% du montant sous 24-48h et se charge du recouvrement.

Comment Ouvria t'aide à raccourcir ton DSO

Ouvria ajoute automatiquement les mentions LME (taux de pénalités, forfait 40 €), envoie des relances automatiques à J+1, J+7 et J+15, et te permet d'encaisser par carte bancaire directement depuis la facture envoyée par email. Sur les artisans qui activent les relances auto, le DSO baisse en moyenne de 12 jours.

Sources